Essai sur le jeunisme. Commande du Parc des Exposition de La Villette. Realisation Sopie Brandstrom Photographies Sophie Brandstrom témoignages recueillis par Olivia Colo
L'écart d'âge entre les femmes se voit de moins en moins. S'il y a moins de différence aujourd'hui entre une grand-mère, une mère et une fille c'est tant mieux. Un lifting, c'est fabuleux. Mais il ne faut pas en faire plus de trois ou quatre. Il y a une limite à ne pas franchir, sinon on perd le naturel Le danger vient des femmes qui se font tout refaire, pommettes, nez, etc...Celles qui changent la structure du visage finissent par toutes se ressembler. Mais refuser le vieillissement, ce n'est pas un danger. Le rêve de l'éternelle jeunesse ne date pas d'aujourd'hui.
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Je suis très expressive, j'ai donc des rides sur le front. Des rides qui accentuent la sévérité des traits qui me donnent un visage fatigué. A 35 ans , je ne les supportais plus. J'ai essayé les piqûres de Botox, qui paralysent les muscles. C'était comme un miracle. Ma peau est devenue lisse et mon visage plus jeune. Depuis cinq as, je fais des piqûres tous les six mois. Une fois que l'on commence, on ne peut plus s'arrêter. Les possibilités pour ne pas vieillir sont extraordinaires aujourd'hui.
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La mort de proches, le deuil. Mon visage s'est marqué à cause de la tristesse. J'ai vieilli brutalement. J'ai fait des appels à la science. J'ai récupéré un visage plus radieux, un sacré coup de bonne mine. De me voir plus jeune dans le mirroir m'a permis de remonter la pente. Je suis métamorphosée. J'ai aussi fait de la silicone sur mes lèvres pour les rendre plus pulpeuses, j'ai refait mon nez deux fois. Pour les pommettes, j'hésite encore. Ce n'est pas essentiel pour moi aujuourd'hui. Pourquoi souffrir si ce n'est pas essentiel ? Il ne faut pas être accroc à la table d'opération. Certains aiment ce moment-là car ils ont l'impression que l'on s'occupe d'eux. Moi je redoute l'anesthésie. C'est l'étape d'après que je préfère, celle où je me sens guérie.
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J'ai commencé dès trente cinq ans à effacer les outrages du temps en me disant qu'il y aurait moins de travaux à faire par la suite. Ainsi, les opérations sont plus légères car le visage est moins marqué. Pour l'instant je ne fais que des piqûres pour retarder le vieillissement, mais je ferai un lifting un jour, c'est sûr. Pour rester jeune. Je ne vois pas d'autres alternatives.
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Je suis en relation permanente avec des clients car je suis vendeuse. C'est très important de garder un corps et un visage jeune. Les femmes après 40 ans trouvent moins de boulot. L'image est trop important pour passer à côté. il faut garder un visage agréable à regarder pour nos collègues, pour garder son travail, mais aussi pour soi. C'est très dur pour une femme de vieillir. Au delà de 45 ans, c'est même difficile d'être une femme. C'est pourquoi il faut aider la nature. Pour la rendre plus belle.
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C'est vrai que le paraître est excessivement important aujourd'hui. Peut-être sommes-nous devenus des fashion victims. Mais a-t-on vraiment le choix ? La société ne veut pas que l'on ait l'air vieux ou malade. La maladie et la mort sont rejetées, bannies. C'est pour cela que je veux paraître jeune. Etre vieux est synonyme d'échéance. C'est insupportable. De plus en plus, les femmes et les hommes vont avoir recours à la chirurgie pour lutter contre les effets du temps. Et je trouve cette évolution normale. Si aujourd'hui tout le monde ne franchit pas encore le cap, c'est juste par peur. Ce n'est pas une piqûre qui m'effraie, ni une table d'opération. Mais d'être rejetée par la société.
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